Presecal, lettre d'un bénévole
Le projet PROXEL, mis en oeuvre par Vétérinaires sans Frontières Belgique travaille depuis maintenant plus de 2 ans sur l’aide au développement de l’élevage pour les éleveurs du département de Dakoro, dans la région de Maradi, au Niger. Mais devant les résultats très critique de la dernière récolte céréalière du à la sécheresse, un projet de Renforcement de la Sécurité Alimentaire (PRESECAL) a été mis en place avec le soutien du gouvernement belge. Il a pour objectif de soutenir les ménages les plus vulnérables du département durant la période de soudure (entre le début de la saison des pluies et la période de récolte, les 3 mois les plus difficiles pour les agro éleveurs sur le plan alimentaire). Ce soutien s’effectue par la vente de céréales à prix modéré aux ménages les plus vulnérables.
Mon activité consiste à identifier les ménages les plus vulnérables de la région et à mettre en ’uvre les procédures d’acheminement, de distribution et de supervision de l’opération sur le terrain. Notre opération va mettre à la disposition des populations grâce au PRESECAL près de 1 000 tonnes de céréales. Je suis très heureux de participer à ce projet, qui va permettre d’aider près de 30 000 personnes durant cette période difficile et de sauver les habitants de la famine qui guette.
J’ai pour le moment effectué de nombreuses missions sur le terrain qui ont pour but d’évaluer les conditions alimentaires des populations et les moyens qui peuvent être pris pour les aider. Ainsi, je suis allé sur le terrain de la zone pastorale il y a peu de temps pour rencontrer ces populations. Dans la partie la plus au Nord de cette région, aux portes du grand désert du Ténéré, les conditions sont très dures. Il n’a pas plu dans la majeure partie de cette zone depuis environ un an et c’est un milieu très difficile et relativement hostile aussi bien à la vie humaine qu’animale. Il n’y a plus de pâture, la chaleur du soleil est écrasante et trouver un endroit d’ombre est une mission difficile. Mais des communautés sont tout de même installées dans cette zone et tentent actuellement de survivre.
Prenons l’exemple du village de Kouloua. Il est situé en zone pastorale à plus de 60 Km au nord de la première ville d’une certaine importance, Gadabeji. Cette ville qui est déjà située à environ deux heures de voitures de Dakoro. Mais ici les gens n’ont que des charrettes... Il s’agit d’une communauté Peul qui comprend environ 450 personnes. On y rencontre quelques hommes mais surtout des femmes et des enfants en bas âge, car les plus valides ont quitté le village pour prendre la route de l’exode. Ils espèrent ainsi pouvoir aider leurs familles restées au village. Mais en attendant la saison des pluies que les gens espèrent très positive, ces populations souffrent de la faim et des conditions sanitaires.
L’eau n’est pas potable et le mil en quantité très insuffisante. Ils sont donc obligés de parcourir de très longues distances sur des charrettes tirées par des animaux épuisés pour obtenir une petite mesure de mil ou un bidon d’eau. Pour les aider à tenir jusqu’à la fin de la période la plus difficile dite de soudure, le projet PRESECAL tente de leur fournir les moyens de subsister en leur apportant le mil nécessaire à la survie des plus vulnérables de chaque communauté.
Il est très positif pour moi de se sentir ainsi utile à ces gens qui manquent de tout mais offrent le peu qu’ils possèdent. On partage le thé, on déguste la boule (préparation locale à base de mil) et, malgré la barrière de la langue, nous arrivons à rire. Mais la situation est tellement précaire dans cet endroit qu’ils iront jusqu’à me dire, bien que ce soit des populations d’éleveurs et que le bétail soit leur seul ressource que : « Aujourd’hui, il faut sauver les hommes, les animaux viendront après ».
La mission du Projet PRESECAL prend alors toute son importance et je sens ainsi véritablement quels sont les véritables enjeux de mon action et celle de VSF/Belgique. La solidarité internationale qui nous anime se doit de continuer car des gens espèrent et attendent notre aide. Le projet que le PROXEL met en place ici depuis plus de 2 années ne peut s’arrêter par la faute d’une pluie qui n’est pas venue et la mission du PRESECAL va permettre de pérenniser ces actions de développement dans le temps.
Benoît
Bénévole pour VSF/Belgique
Projet PRESECAL

